Faux self, confiance en soi : HPI, si vous tombiez (enfin) le masque ?



Dès l’enfance, les HPI développent des stratégies pour s’adapter à leur environnement et se couler dans un moule. En grandissant, ils risquent ainsi de se trouver coupés de leur vrai soi et de ressentir un isolement profond qu’ils ont du mal à expliquer. Décodage du mécanisme du faux self, et des moyens d’en sortir.


Vrai et faux self, les meilleurs ennemis

Définis par le pédopsychiatre et psychanalyste britannique D.W. Winnicott, le vrai self et le faux self sont deux composantes de la psyché humaine. Le " self ", traduction anglaise du soi, désigne la personnalité de l’enfant, qui se développe en fonction de son environnement. Si cet environnement est sécurisant, et que l’enfant est accepté comme il est, son " vrai self " se développera harmonieusement, en cohérence avec ce qu’il est à l’intérieur et l’image qu’il renvoie aux autres.

À l’inverse, lorsque l’enfant ressent une distorsion entre les attentes de son environnement et sa nature, il développe un " faux self " en adaptant l’image qu’il renvoie. Cela lui permet de s’abriter derrière un comportement acceptable sans dévoiler sa vraie nature.

Le faux self est très utile pour la vie en société, puisque c’est lui qui prend le relais lorsque nous obéissons aux codes qui régissent la vie en société, comme la politesse par exemple. Chez la plupart des individus, faux self et vrai self fonctionnent bien ensemble, le faux self permettant de s’éloigner temporairement de son vrai moi pour s’adapter à une situation ponctuelle, et le vrai self, authentique et spontané, s’exprimant librement dès que l’environnement le permet.

Quand les surdoués tombent dans le piège du masque

Les enfants HPI qui ressentent le décalage provoqué par leur fonctionnement atypique (à l'école, en famille, etc.), s’adaptent en s’éloignant de leur vrai self, et construisent artificiellement une personnalité plus conforme au moule pour ne pas se sentir rejetés. Grâce à ce faux self, ils s’intègrent à la norme et se sentent protégés.

À mesure que le phénomène s’accentue, ce faux self devenu omniprésent les fragilise, et leur vrai self devient inaccessible. Ce faux self n’implique pas un échec social ou professionnel, bien au contraire. Il est souvent brillant, parfaitement adapté, admiré et très sociable.

Sauf que derrière leur masque, coupés de leurs émotions, de leur spontanéité, ces surdoués sont envahis par un sentiment d’imposture, un manque de confiance en soi qui les conduit parfois à un mal-être profond, voire un isolement douloureux. L’adulte surdoué finit souvent par ne plus savoir distinguer sa personnalité réelle du camouflage qu’il s’est créé, un phénomène exacerbé par leurs capacités d’adaptation hors normes et un environnement professionnel qui n’encourage pas les sorties de rang.


Les risques du faux self

Les adultes surdoués enfermés dans leur faux self se retrouvent dans un état de tension permanent entre leur personnalité profonde et leur masque social, dont ils n’ont même plus conscience. Irascibilité, dépression, anxiété, culpabilité, burn out, sentiment d’imposture, perte de confiance en soi sont autant d’expression de ce mal-être, nourris par les difficultés relationnelles que cette personnalité " fausse " peut créer avec l'entourage. Beaucoup évoquent une " profonde solitude " qui empoisonne leur quotidien, et n’ont bien souvent même plus conscience de leurs besoins réels, masqués par le faux self. Ils se sentent coupés de leurs émotions, vides et insensibles, alors que leur réalité profonde est toute autre.


Comment sortir du faux self et se reconnecter à son vrai soi ?

Le coaching est l’une des réponses possibles, sans bien entendu être la seule. En travaillant sur eux-mêmes, les adultes surdoués peuvent réapprendre à se connaître vraiment, et à maîtriser leur faux self plutôt qu’à se laisser envahir par lui. Cela passe par une connaissance approfondie de soi-même, un questionnement sur ses besoins, une acceptation de ses émotions, et une prise de conscience des mécanismes que notre faux self a mis en place en guise de défense.

J’invite les adultes avec qui je travaille à s’interroger sur leurs réactions face à une situation : est-elle sincère, ou ont-ils le sentiment de jouer un rôle ? S’ils jouent un rôle, pourquoi en éprouvent-ils le besoin ? Est-ce vraiment satisfaisant ? Que pourraient-ils changer dans leurs réactions s’ils écoutaient leur instinct ?


Se réconcilier avec ses émotions, une étape cruciale pour se retrouver

Renouer le contact avec sa personnalité profonde implique d’accepter l’intensité émotionnelle que connaissent les adultes surdoués, parfois difficile à gérer. Par le biais d’un questionnement sur ce qu’ils veulent, ce qu’ils ne veulent plus, ils peuvent déjà identifier certains sujets sur lesquels lâcher prise.

Face aux situations qui suscitent de très fortes résistance, il est pertinent de compléter le coaching avec des séances de méditation de pleine conscience ou avec toute autre approche qui crée une distance salutaire avec les émotions et modifie la manière de les appréhender.


Il ne s’agit surtout pas d’abandonner complètement le faux-self qui fait partie intégrante de la personnalité, mais plutôt de lui redonner la place qui lui convient : un rôle social, utile dans certaines circonstances, mais qui ne doit pas écraser les aspirations et besoins profonds de tout un chacun. Il en va de son épanouissement professionnel et personnel.


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L'auteur

Je suis Véronique Bouton, coach certifiée HEC, dirigeante fondatrice de Leadinov.

J'accompagne les entreprises dans leur souhait de connecter les talents multiples pour gagner en bien-être, innovation et performance.

Je partage sur ce blog l'actualité du coaching, de l'intelligence collaborative et du coaching des adultes surdoués, profils atypiques.

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